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Le coaching professionnel quesaco

Dans le cadre de mes prestations, le coaching professionnel s’adresse aux particuliers, uniquement sur des questions de nature professionnelle, pour :

  • Trouver une nouvelle activité professionnelle et le cadre dans lequel on souhaite l’exercer (en entreprise, indépendant, auto-entrepreneur…),
  • Être conseillé durant la phase de préparation et de réalisation du projet professionnel,
  • Se faire accompagner à titre personnel à l’occasion d’une difficulté rencontrée dans le cadre professionnel (lors d’un changement dans l’organisation, d’une prise de fonction, avec les supérieurs, les collègues, les subordonnés etc.),
  • Rebondir après un départ involontaire de l’entreprise ou de l’organisation en faisant émerger de nouvelles perspectives,
  • Revenir à la vie professionnelle avec un projet à construire.

Pour Le coaching social et professionnel Grand Est, le moteur le plus efficace du choix d’une nouvelle activité ou pour s’adapter à un changement ou à une évolution est la satisfaction d’un désir qu’il convient de découvrir, de développer et de rendre opérationnel.

Le travail n’est pas une maladie, mais ça se soigne

A l’heure où le thème du travail est bousculé par la révolution numérique notamment, il est urgent de réconcilier la vie professionnelle et le désir. Tel est le propos de ce premier ouvrage consacré au désir dans la vie professionnelle, disponible en ligne, en version papier ou digitale.

Alors que le travail constitue un facteur d’identité sociale et d’autonomie matérielle, le désir est en effet cantonné à d’autres aspects de l’existence : sexualité, culture, loisirs etc.

Or, le désir est à la base de la construction de l’individu, il est également le fondement de sa dimension d’acteur économique. Mais faute de le savoir et d’appréhender pleinement le désir, la vie professionnelle est détachée de la vie inconsciente et est parfois vécue comme un échec, au mieux comme une fatalité ou un pis-aller. Autrement-dit, quand arrive le temps de la décision – orientation, changement, évolution, réinsertion… – la question du désir véritable n’est jamais posée.

Par ailleurs, aborder la question de l’activité professionnelle comme une spécialité à part entière dans le champ de l’aide individuelle personnelle, en entreprise ou dans toute autre organisation collective, est une solution innovante, positive et efficace pour accorder enfin l’activité professionnelle et le désir du sujet.

Ainsi, si le travail n’est assurément pas une maladie, ça se soigne !

“Le travail n’est pas une maladie, mais ça se soigne”, un ouvrage de Christophe Nagyos, aux éditions chapitre.com, 2016.

Prix : 10,99 € en version numérique (epub ou pdf), et 15 € en version papier.

Disponible sur Chapitre.com et sur amazon.fr ou à commander à votre libraire.

Qu’est-ce que le désir professionnel ?

Le désir professionnel est le manque à partir duquel s’élabore l’énergie permettant de réaliser, de faire quelque chose ou d’aller vers quelqu’un. 

Le désir professionnel n’a donc rien à voir avec un caprice ou une idée passagère et volatile. C’est la base de l’existence en général, quel que soit le domaine, et en particulier celui de la vie professionnelle, ce qui est moins souvent admis. C’est le manque à sans cesse laisser émerger pour mieux le satisfaire, et ainsi de suite. C’est ce qui permet de faire un pas après l’autre pour atteindre des objectifs au jour le jour comme vers un objectif plus global.

Laisser émerger et se déployer le désir professionnel va cependant de soi pour beaucoup d’entre nous. Dès lors, la question ne se pose pas : on est dans son désir et la vie professionnelle se passe à peu près bien, les aléas du contexte et des difficultés forcément inévitables étant plutôt bien négociés et vécus. Dès lors, l’existence est globalement satisfaisante, y compris matériellement (et bien souvent dans la vie privée également).

Tout le contraire lorsqu’on n’est pas dans son désir professionnel. Au moindre problème rencontré, tout parait compliqué. D’une façon générale, c’est l’insatisfaction qui domine, la frustration, l’incapacité ponctuelle ou prolongée à faire face au changement, aux imprévus, à la surprise. C’est passer son temps à ruminer cette insatisfaction, à recourir à des substituts en dehors de l’activité professionnelle (ce qui n’empêche pas d’y prendre quand même plaisir). C’est être dans l’incompréhension de soi-même et des autres sur le mode du renfermement ou de l’agressivité, deux versants de la frustration.

Le désir professionnel est par conséquent à prendre au sérieux tant pour la détermination d’une activité à découvrir ou à transformer pour soi, que pour les autres lorsqu’on est en responsabilité. C’est tout à la fois la voie de l’épanouissement personnel et de la coexistence intelligente du collectif. 

Meilleurs désirs 2020 !

Vers un management humain

Le 20 décembre 2019, le tribunal correctionnel de Paris a condamné les principaux anciens dirigeants de France Telecom, transformé en Orange depuis 2013, pour harcèlement moral institutionnel après le suicide de plusieurs de ses collaborateurs depuis les années 2000. A été reprochée et condamnée à travers eux une stratégie de la société « visant à déstabiliser les salariés, à créer un climat anxiogène et ayant eu pour objet et pour effet une dégradation des conditions de travail »1. Cette jurisprudence fera date, plus largement que le cas d’espèce et quand bien même l’appel interjeté par les personnes condamnées la modifierait. 

Au-delà de la situation personnelle des anciens responsables dont il ne sera pas question ici, c’est le management des institutions, entreprises et organisations privées ou publiques, leur vocation et surtout les moyens pour les satisfaire qui devront désormais être repensés, refondés. 

La question qui se pose est la suivante : comment concilier réellement respect de la personne humaine et atteinte des objectifs de l’organisation, en l’occurrence d’une entreprise ? Désormais, il ne suffira plus d’afficher des valeurs aux vertus performatives ou bien une ambition dite de responsabilité sociale pour s’acquitter du droit et surtout de la responsabilité humaine envers chaque salarié, cadres compris évidemment. 

Sans entrer dans un débat sur les limites du capitalisme et du libéralisme – pourtant nécessaire -, la relation à l’autre fondée essentiellement sur des rapports de force quand bien même « cordiaux » ou sur une subordination irraisonnée sur laquelle plane la menace plus ou moins voilée du licenciement ou de la relégation, ne peut plus être défendue. Caricature ? 

Il ne s’agit pas de stigmatiser qui que ce soit mais le concept de ressources humaines doit retrouver toute sa valeur. Pour ce faire, ne serait-il pas urgent de réviser les postures que chacun croit devoir adopter dans la vie professionnelle, d’ailleurs dès le recrutement d’un collaborateur et pas seulement du candidat ? Avec la compétence technique forcément requise – quoiqu’il est des façons d’aménager les conditions de son obtention -, des dirigeants de premiers plans ont fait le choix de l’éthique et de la modestie authentique plutôt que la puissance, l’ostentation et le profit personnel maximum 2.

A tous les niveaux, un management orienté vers la recherche de nouvelles motivations telles que le désir humain et le plaisir éprouvé au travail dans le respect de l’autre doit trouver sa place. Dans cette perspective, l’accompagnement professionnel personnalisé des collaborateurs en entreprise est une ressource de première importance.

Christophe Nagyos, décembre 2019

1 Le Monde du 20 décembre 2019.

2 Lire notamment “Critique de la condition managériale”, par Ghislain Deslandes, Presses universitaires de France, 2016.

 

Inventer des espaces de respiration pour les emplois peu valorisants

Lorsqu’on visite des entreprises, on entend souvent les responsables se plaindre de la difficulté à recruter des personnes fiables et surtout stables. Quels que soient les niveaux de recrutement et d’emploi, le problème est d’autant plus réel quand il s’agit de personnels d’exécution, par exemple dans les secteurs de l’industrie et du bâtiment. Malgré les efforts salariaux et les arguments matériels en général – primes diverses, horaires et conditions de travail -, la question qui se pose est celle du maintien dans l’entreprise à des postes peu valorisants sur le plan technique, parfois dans des conditions objectivement peu attractives (bruits, odeurs, aléas climatiques etc,). Autrement dit, que pouvons-nous inventer pour rendre le travail moins pénible, acceptable en dehors d’une substitution pure et simple par des robots, évidemment. Il me semble qu’une réponse peut être donnée en créant dans l’entreprise des espaces de respiration, de détente, de jeux, notamment informatiques, facilement accessibles. 

Des efforts ont été faits – pas toujours – pour les cantines et sur la qualité des repas, mais il reste beaucoup à faire en dehors de la pause de midi ou à d’autres horaires quand l’entreprise tourne en 3×8. Ce qu’il est possible de réaliser dans le secteur du numérique ou du web, pour les cadres et pour la matière grise, doit pouvoir être inventé pour les catégories les moins dotées. Le problème est urgent. On manque de main-d’oeuvre dans la restauration, dans le bâtiment, dans certaines filières industrielles non pas faute de demandes d’emploi, mais faute d’une capacité à rendre attractif ce qui n’est précisément pas attractif, ce qui rebute pour appeler un chat un chat, pour des raisons aussi différentes que les horaires dans la restauration, du bruit dans l’industrie ou des contraintes de temps sur un chantier. Il ne suffit pas d’augmenter les salaires à l’entrée et de promettre un plan de carrière apparemment favorable pour rendre le travail heureux, tout au moins supportable pour y passer sept à huit heures par jour. 

L’amélioration des conditions de travail ne peut pas seulement être un « à-côté » laissé aux comités d’entreprise quand il y en a et qui font fort bien ce à quoi ils sont destinés, ou à la formation, notamment. Il revient aussi aux responsables à inventer des activités, des lieux, des modalités qui permettent de se reposer, de se changer les idées, de supporter le difficilement supportable.

Christophe Nagyos, décembre 2019

Ne cherchez pas ailleurs, votre job est en vous !

Votre job est en vous, cela paraît évident. Pourtant, le premier réflexe lorsqu’il s’agit de chercher une activité, qu’il s’agisse du premier emploi ou d’un changement d’employeur ou bien même d’un désir profond d’une nouvelle orientation, est de regarder dans l’assiette à côté ! Cela se traduit par la course à l’information dans tous les réseaux sociaux ou spécialisés dans le recrutement notamment, à la poursuite de la bonne annonce, de la meilleure offre, du profil proposé ou des conditions matérielles, etc.

Tout cela est utile mais ne répond pas aux questions essentielles : êtes-vous sûr de ce que vous voulez faire ? Votre recherche correspond-elle véritablement à votre désir professionnel ? Mais direz-vous peut-être, vous y avez déjà répondues, et puis ces questions, on se les pose avant de s’engager dans la vie professionnelle une bonne fois pour toute. Pas si simple…

En réalité, aujourd’hui un salarié ou un travailleur indépendant change près de cinq fois d’activité durant les quatre décennies de sa vie professionnelle, et chaque année un quart de tous les salariés change d’activité, soit 7 millions de personnes environ, d’après l’Observatoire des trajectoires professionnelles. Parmi ces dernières, sont particulièrement concernés les jeunes et les diplômés à bac+3 et plus.

Par ailleurs, nul n’ignore l’importance de l’introduction massive et rapide du digital dans la création et les processus économiques, qui ouvre à la fois bien des horizons autant qu’il déstabilise bien des certitudes. Autres tendances fortes : l’explosion du travail indépendant et de la multi-activités, provoqués notamment par l’éclatement des normes économiques traditionnelles.

Ainsi, savoir un jour ce que l’on veut faire ou ce que l’on fait ne veut pas dire pour toujours. En réalité, savoir ce que l’on veut faire avant de s’engager dans la vie professionnelle ou pour en changer réside au fond de vous, et avant d’être une affaire d’adaptation à un monde en perpétuelle mutation, le travail est une affaire strictement personnelle et rarement le fruit du hasard.

Le coaching du travail vous aide précisément à laisser émerger en vous un véritable désir professionnel cohérent avec votre personnalité, toute votre personnalité. Le travail épanouissant et gratifiant n’est pas à séparer de votre histoire individuelle et toujours singulière. Le “travail” de plus en plus appelé à se transformer dans ses modalités notamment juridiques, est une des manifestations de vos talents individuels à multiple facettes, à un moment donné ; il correspond à un désir plus ou moins durable, l’essentiel étant qu’il soit authentique.

Le coaching du travail : une réponse individuelle au malaise professionnel

Le travail est au cœur des grands thèmes de l’existence, avec la naissance, la sexualité, la maladie et la mort. Mais les personnes désireuses de progresser, de changer d’activité et qui connaissent des difficultés dans leur vie professionnelle n’ont pas d’interlocuteur spécifique pour les aider individuellement, au contraire des autres maux de la condition humaine, de la vie affective et psychique ou de la maladie en général.

Certes, le thème du travail occupe massivement l’espace politique et économique, universitaire et médiatique, en particulier en ces temps de crise. Il a un ministère à lui tout seul, des syndicats pour le défendre, des organismes pour indemniser quand il fait défaut, des psychologues pour le prendre en charge dans l’entreprise, des spécialistes de l’orientation, de l’éducation et de la formation et autant d’experts prompts à anticiper ses évolutions.

Mais de l’individu face à la question du travail, rien ou pas grand-monde. Alors qu’il est naturel de consulter un spécialiste pour par exemple échapper à une addiction ou en cas de panne sexuelle, réduire ses impôts ou gérer un patrimoine, la personne est seule devant ses problèmes professionnels, qu’elle ait des projets ou pas.

Or, le travail est intimement lié au désir humain, à la dimension désirante du sujet. Malheureusement, le lien entre désir et travail est méconnu ou ignoré. D’un côté, le travail est absent du champ de la plupart des thérapeutes et des intervenants de la relation d’aide. De l’autre, le désir est étranger à l’entreprise et autres acteurs de la vie économique et sociale.

Erreur, car l’émergence d’un désir professionnel et l’exercice d’une activité procèdent des mêmes mécanismes qui sont à l’œuvre chez tous les individus : l’histoire personnelle, l’enfance, la relation à l’autre, la satisfaction des besoins de reconnaissance ou de puissance parmi les nombreux facteurs qui participent à la construction de chacun d’entre nous.

La conjugaison de la psychanalyse et du coaching individuel est une réponse innovante à la carence de prise en charge des personnes, qui souhaitent transformer leur vie professionnelle à travers un projet mais qui éprouvent des difficultés, qu’il s’agisse d’un changement d’employeur ou d’activité, du passage du salariat à un statut libéral ou indépendant, d’une première expérience professionnelle ou d’un retour à l’emploi.

Il est urgent d’entendre les “maux” et les “mots” du travail au même titre que les autres blessures du corps et de l’âme. Ainsi, si le travail n’est pas une maladie, ça se soigne…

© Christophe Nagyos / 12 février 2016

Pour une approche individualiste du travail

L’activité professionnelle et plus largement les questions que pose l’évolution du travail (révolution numérique, mondialisation etc.) sont abordées essentiellement de façon collective. Les chiffres du chômage, les plans sociaux ou plus positivement les besoins des entreprises en matière de compétences et d’emplois par exemple produisent un effet de masse qui pèse sur les décisions des individus lorsqu’il s’agit de déterminer leur activité professionnelle. La question du travail est par conséquent souvent abordée inconsciemment comme un thème à traiter marginalement pour soi-même.

On choisit en effet habituellement un emploi salarié ou une activité dans un contexte libéral ou indépendant d’abord en fonction des besoins du marché, qu’il s’agisse du marché de l’emploi actuel ou futur ou des tendances de consommation. Conformément aux lois du marketing, il parait effectivement plus raisonnable d’étudier en premier lieu les besoins et d’y répondre dans la mesure du possible, pour trouver sa place dans la vie économique. Cependant, cette démarche visant à satisfaire essentiellement une demande collective, un effet de masse ou de groupe, présente deux inconvénients majeurs.

Alors que le mythe de la fourmi travailleuse est encore à l’œuvre, le travail est d’abord une affaire de personne. La libre détermination d’une activité satisfaisante procède d’une maïeutique du sujet à travers un processus d’appropriation de son histoire individuelle permettant l’émergence d’un désir singulier. Or, la démarche inverse consacre le groupe de façon anticipée, comme si tous les membres d’une équipe de l’America’s Cup ne devaient pas avoir vécu un parcours individuel avant de se retrouver ensemble pour cette compétition éminemment collective. L’effet de masse rétroagit et conditionne les techniques classiques d’accompagnement des personnes en recherche d’activité, qu’il s’agisse des jeunes ou de leurs ainés, par exemple à l’occasion d’une reconversion professionnelle choisie ou subie.

Par ailleurs, l’effet de masse et en particulier les approches marketing tendent à privilégier le conformisme des consommateurs, notamment, et par conséquent de l’offre. Si les chercheurs en sciences fondamentales ou les trublions de l’Internet, pour n’évoquer qu’eux, devaient se limiter à la réalité, le monde n’aurait pas d’avenir. La plupart des découvertes scientifiques ou des grandes avancées technologiques sont le fruit d’initiatives individuelles plus ou moins rationnelles, elles sont bien souvent le résultat d’un désir créatif dans lequel se mêlent imagination, curiosité et plaisir, parfaitement compatibles avec le sérieux et le protocole nécessaires à la production d’un résultat, quand bien même inattendu. L’apparition de nouveaux services, métiers ou compétences grâce à Internet, mais pas seulement, le démontre presque chaque jour.

Le travail aujourd’hui et demain se doit par conséquent d’être abordé comme un objet essentiellement individuel, individualiste. L’individualisme indispensable à l’émergence d’une personnalité propre n’est pas la cause des déséquilibres économiques, par exemple du marché du travail, qui sont en grande partie le résultat d’études prospectives erronées, comme c’est le cas dans les professions médicales. En revanche, il est une voie d’accomplissement du sujet, conscient dès lors de son histoire en relation avec son proche entourage et un environnement autant que possible maitrisé.

© Christophe Nagyos / 13 janvier 2016

Faites de vos désirs une réalité professionnelle

Le désir est rarement abordé quand est posée la question du travail. Certes, le travail est l’activité sociale nous permettant d’être rémunéré pour pouvoir assurer les dépenses au moins matérielles de l’existence. Durant longtemps, il a été synonyme de labeur et étranger au plaisir. Aujourd’hui encore et alors qu’il nous occupe ou nous occupera environ une quarantaine d’années, nous distinguons radicalement l’identité professionnelle de l’unité de la personne.

Or, ce qui fonde le sujet est le désir. De ce fait, l’orientation ou le choix de l’activité devrait par conséquent incarner tout autant un désir à être. Pourtant, combien d’entre nous peuvent affirmer que cela s’est produit ainsi, au regard de l’expérience vécue, présente ou passée ?

L’orientation professionnelle somme l’adolescent ou le jeune à « devenir », à choisir pour plus tard ou pour bientôt travailler. Plus tard précisément, l’adulte, selon les évènements de la vie et les contingences économiques, devra probablement à nouveau choisir, en tout cas changer, s’adapter ou rebondir. Durant les processus qui président au choix, la priorité est accordée à la réalité et aux évolutions du marché du travail ou du marché tout court, aux besoins et à l’offre d’emplois, aux revenus attendus ou escomptés, au « CDI » plutôt qu’à la précarité, etc. Pour autant que ces critères de choix puissent être légitimes, ils négligent néanmoins le désir comme moteur essentiel de l’activité professionnelle.

S’il n’est pas le lieu d’explorer exhaustivement le désir tant le concept est vaste, disons que le désir est mouvement perpétuel vers un plaisir jamais totalement satisfait, d’où l’existence d’un manque dans lequel il s’origine, notamment. Au-delà d’une définition peut-être imparfaite ou lacunaire, nous retiendrons que, s’agissant du travail, le désir devrait être le compagnon indispensable de son émergence… et de sa durée toujours précaire.

Ainsi, le désir est trop souvent condamné à rester dans les limites d’une subjectivité suspecte au nom d’un principe de réalité arbitraire, résumé dans la fameuse formule : « il ne faut pas prendre ses désirs pour des réalités ».

Une des raisons de cette défiance dans le travail du désir et de son aboutissement, le plaisir, est leur réduction à d’autres dimensions de la constitution humaine au nombre desquelles la sexualité tient une place évidemment importante. La frilosité des professionnels de l’orientation ou des spécialistes des ressources humaines au regard du désir tient à leur ignorance de l’essence du sujet désirant et de la puissance de ses ressorts dans la vie professionnelle.

C’est tout le contraire qu’il conviendrait de promouvoir tant auprès de l’enfant que de l’adulte en leur disant simplement « faites de vos désirs une réalité professionnelle ».

© Christophe Nagyos février 2016